Varia

Devancer son plus grand rêve de jeunesse

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Au beau milieu de l’après-midi du 26 avril 1989, j’étais confortablement assis dans une chaise beaucoup trop grande, dans le bureau de l’adjoint principal de M. Gilbert Rozon, Fondateur du Festival Juste Pour Rire de Montréal. J’étais là, à essuyer les larmes qui coulaient de mes yeux à l’aide d’un mouchoir que l’adjoint m’avait gentiment offert. Mais avant d’aller plus loin, faisons un retour en arrière pour bien comprendre l’importance de cette scène…
 
Dans ma tendre enfance, j’aimais me donner en spectacle devant mes amis. j’étais toujours attiré par la scène et je m’imaginais être un artiste connu et aimé de tous. À l’âge de dix ans, je découvrais l’improvisation et ce fut pour moi une belle histoire d’amour. J’en mangeais tellement j’aimais me retrouver sur une scène, à inventer des histoires et des personnages dans le but de divertir les spectateurs venus se divertir. Quelques années plus tard j’entamais le dernier droit de mon secondaire. Moi et des amis faisions partie d’un groupe d’humour et nous nous donnions en spectacle une ou deux fois par année.
 
Un jour, le responsable des loisirs de l’école était venu nous voir pour nous informer qu’un nouveau concours provincial voyait le jour et qui serait parrainé par le Festival Juste Pour Rire. Les gagnants de ce concours pouvaient mériter une place dans l’un des galas présentés au Théâtre St-Denis de Montréal dans le cadre de ce festival. Deux des membres du groupes avaient décidé d’y participé et avaient aussi remporté la première position, devant près de 800 participants venant d’un peu partout au Québec. Le soir de la grande finale, j’avais réalisé que je devais participer à ce concours l’année suivante. C’est ce que j’avais fait avec un autre membre du groupe. Nous nous étions rendus à la grande finale et nous avions remporté, nous aussi, la première position. À sa deuxième année d’existence, le concours avaient attiré plus de 1,200 participants.
 
Pour un jeune garçon de 16 ans, l’exploit était grandiose! Enfin je pouvais réaliser un de mes rêves avec si peu d’expérience de vie derrière la cravate. trois mois plus tard, j’allais mettre les pieds sur une scène mythique où les plus grands artistes d’humour avaient déjà foulé les pieds. Je pense que je ne réalisais pas l’ampleur de ce que je venais d’accomplir. En fait, je l’avais plutôt réalisé lorsque je m’étais retrouvé confortablement assit dans une chaise beaucoup trop grande, dans le bureau de l’adjoint principal de M. Gilbert Rozon, Fondateur du Festival Juste Pour Rire de Montréal.
 
Cette journée-là, j’étais très nerveux. C’était la fois où je devais signer mon tout premier contrat professionnel. À la lecture de mon contrat, j’était estomaqué d’apprendre tout ce que ce qu’il impliquait. Certains détails m’avaient littéralement fait écarquiller les yeux! Comme, par exemples:
 
1) mon numéro sera présenté devant plus de 2,200 spectateurs et que, pour des raisons de télédiffusions, la salle devait rester entièrement éclairée;
 
2) que suite à ma prestation, mon numéro sera enregistré puis distribué dans plus de 20 pays et vu par plus de 40 millions de personnes;
 
3) que le contrat ne pouvait, en aucun cas, être annulé sauf dans des circonstances exceptionnelles comme un tremblement de terre, une épidémie, une invasion de sauterelles, une guerre mondiale, une bombe nucléaire ou la fin du monde, pour ne nommer que ceux-ci.
 
Devant toutes ces informations, j’éclata de rire tellement je trouvais la situation loufoque. J’étais incapable d’arrêter de rire au fur et à mesure que les phrases déferlaient sous mes yeux, au point où l’adjoint de JPR se demandait ce qui n’allait pas. Je l’avais rassuré entre deux bouffées d’air que tout était parfait mais que je n’avais jamais pensé que mon contrat pouvait être annulé suite à des circonstances aussi apocalyptiques. L’adjoint me tendit un mouchoir pour m’essuyer les yeux.
 
Le soir-même du spectacle, je réalisais ce qu’était le trac. Le vrai. Car je n’avais aucun droit à l’erreur. Les vedettes du showbiz étaient présents et les caméras tournaient. Les cinq dernières minutes avant le début de mon numéro furent sans contredit les minutes les plus stressantes de ma vie même à ce jour. Cette soirée-là, je n’étais qu’un jeune garçon de 16 ans qui réalisait un rêve inoubliable.
 
Depuis ce jour, j’ai toujours réalisé ce que j’avais envie de faire. Encore aujourd’hui, je me considère chanceux d’être capable de faire ce que bon me semble. Ce moment est en grande partie responsable de ce que je suis devenu par la suite. Chacun de nous connaissons un événement déclencheur qui impact le reste de notre vie. C’est à nous d’en prendre avantage pour repousser nos limites et réaliser des choses grandioses qu’on ne pourra jamais oublier.
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