Varia

Une goutte de plus dans un océan déjà trop plein

En 2017, le mouvement #moiaussi a connu l’effet d’une vraie bombe à travers le monde et qui permit aux femmes de dénoncer haut et fort les actes irrespectueux des hommes à leurs égards. Moi-même je supporte la cause mais dernièrement, je trouve le mouvement est allé trop loin avec l’affaire Baby it’s cold outside.

En 1944, l’auteur américain Frank Loesser chantait pour la première fois cette chanson à sa femme, Lynn Garland, lors d’un dîner entre amis. après l’avoir chanté pendant des années, il décida de la vendre au MGM Studios qui fut utilisée par la suite dans la comédie romantique “Neptune’s Daughter” de 1949. La chanson gagna un Oscar pour la meilleure chanson originale lors de la 22e cérémonie du même nom, en 1950. Depuis, elle est devenue un classique du temps des fêtes et jouait jusqu’à tout récemment dans les stations de radios américains et canadiens pendant les 70 années suivantes.

Hors, plus tôt cette semaine, le mouvement #moiaussi s’était manifesté à la station WDOK Christmas 102.1 de Cleveland où une auditrice les avait appelé pour leur expliquer la problématique que cette chanson pouvait représenter aujourd’hui dans le contexte que l’on connaît. La chanson fut retirée des ondes, créant un effet de chaîne et qui fait en sorte qu’aujourd’hui, les stations de radios américaines et quelques unes au Canada ont décidé de suivre le pas.

Bien que je sois sensible à la cause, je trouve ridicule la démarche et je crois que le mouvement #moiaussi est allé trop loin dans toute cette affaire. Nous sommes en train d’aseptiser maladroitement un médium artistique (je parle ici de l’industrie de la chanson) qui aurait, je vous l’accorde, grand besoin de ménage dans ce qu’elle produit.

À mes yeux, la chanson Baby it’s cold outside fut condamnée hors contexte. En connaissant son origine, ce qu’elle a connu comme reconnaissance et comme statut au fil des décennies, on s’aperçoit que l’oeuvre n’a rien à voir avec ce que l’on tente de dénoncer aujourd’hui. Si la chanson avait été écrite par une victime d’agression sexuelle et qu’elle aurait joué dans un film où la femme était rabaissée et dénigrée, je n’aurais pas eu le même discours. Mais ce n’est pas le cas. La chanson fut écrite par un homme qui aimait sa femme et dont l’oeuvre fut reconnu est honoré par une académie. Alors, où est le foutu problème?

Cet événement n’est qu’une autre goutte de plus dans un océan trop plein d’idiotie. Il me semble qu’il y a pire à condamner qu’une chanson qui n’a su que marquer son époque, à sa façon et dans une réalité qui était bien différente de la nôtre. Pour moi, c’est se prendre les pieds dans les fleurs du tapis.

Laissons les anciennes époques tranquilles. Dénonçons plutôt ce qui se passe aujourd’hui afin d’éviter ce qui pourrait se passer demain dans le dossier du respect des femmes. On a déjà les bras assez pleins comme ça, on n’a pas besoin d’en rajouter.

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