Mode de vie

Les feuilles mortes au pied de notre porte

Les rencontres qui parsèment notre vie nous rappellent à quel point il est facile de chambouler la vie de quelqu’un d’autre, comme il est facile d’être chamboulés par la venue de quelqu’un dans notre propre vie. Des gens qui nous inspirent et que l’on admire, que l’on apprend à connaître et à apprécier, à aimer ou à détester. Les rencontres sont multiples et les adieux silencieux qui s’y rattachent le sont tout autant.

Vous savez ce que je veux dire par les adieux silencieux? Ce sont les fois où les conversations n’ont plus de suite. Ce sont les fois où les gens que nous avions connus dans diverses circonstances se retrouvent ailleurs, sans qu’aucun au revoir ne se soit dit avant de prendre des directions différentes.

On rencontre plus de gens que l’on vit des moments de joie et de tristesse. Parfois ce sont des rencontres de quelques minutes, de quelques mois ou d’une vie toute entière mais au bout du compte, il reste toujours un petit quelque chose qui se greffe à nous, même si parfois les rencontres ne sont que passagères ou sans importance.

C’est avec impuissance qu’il nous arrive parfois de penser aux autres, à se demander ce qu’ils deviennent ou ce qu’ils sont devenus depuis le dernier échange que nous avons eu avec eux. Je dirais que c’est aussi par nostalgie, juste parce qu’on a envie de projeter une image différente de ce que nous avions connu à l’époque ou l’autre fois, quand nous avions échangé quelques mots ou des regards de complicité. Se prêter au jeu de la projection dans l’espoir de trouver réponse à nos petites questions curieuses qui nous occupent l’esprit pendant un moment, parce que nous avons du temps pour y penser entre deux actions de vie.

Les relations qui s’éteignent deviennent en quelque sorte des feuilles mortes qui tombent  et qui restent au pied de notre porte jusqu’à ce que le vent les emmène ailleurs avant de disparaître pour de bon. Disparaître est un bien grand mot, car il reste toujours un souvenir, aussi minime qu’il soit, ancré dans notre esprit à partir du moment où une rencontre s’estompe.

Je souhaite toujours du bien à ceux qui disparaissent de ma vie. Je garde l’esprit libre en faisant ça. Ça me permet de continuer ma route en sifflotant un air léger, mon baluchon à l’épaule, jusqu’à la prochaine fois.

J’ai appris avec les années que ça ne servait à rien de retenir ce qui ne nous appartenait pas. Qu’il était préférable de laisser aller les choses en souhaitant le bien plutôt que de rester là, à tirer son côté de couverture dans l’espoir qu’il y ait une suite sur laquelle nous avions déjà fondé de l’espoir, un espoir erroné pris dans la plus grande ignorance de ce qui était déjà décidé d’avance. Les rencontres qui restent sont ceux qui devraient nous importer, car c’est avec leurs essences que nous nous définissons au gré des saisons.

Une rencontre n’est jamais éternelle mais les souvenirs qui s’y rattachent, eux, le deviennent.

 

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